Périménopause et perte de cheveux : pourquoi les cheveux changent après 40 ans
Périménopause et perte de cheveux : pourquoi les cheveux changent après 40 ans
Il arrive un moment où plusieurs femmes regardent leurs cheveux et se disent :
« Ils ne sont plus comme avant. »
Pas nécessairement parce qu’ils tombent par poignées.
Parfois, c’est beaucoup plus subtil.
La queue de cheval est moins épaisse.
Le dessus de la tête semble plus plat.
La raie centrale est légèrement plus visible.
Les cheveux deviennent plus fins, plus secs ou plus difficiles à coiffer.
Et lorsqu’on regarde des photos prises cinq ou dix ans plus tôt, la différence devient évidente.
Pour plusieurs femmes, ces changements apparaissent autour de la quarantaine ou de la cinquantaine.
Ce n’est pas un hasard.
La périménopause représente une période de transition hormonale importante, et les follicules pileux peuvent eux aussi ressentir ces changements.
Mais les hormones n’expliquent pas tout.
La santé des cheveux après 40 ans est souvent le résultat de plusieurs éléments qui se rencontrent au même moment : hormones, génétique, stress, sommeil, nutrition, changements corporels et vieillissement naturel du follicule.
Comprendre cette période permet surtout de sortir d'une idée très répandue :
« Je vieillis, donc c’est normal de perdre mes cheveux et je ne peux rien faire. »
Vieillir entraîne effectivement des changements.
Mais une perte de densité mérite quand même d’être comprise.
Qu’est-ce que la périménopause?
La périménopause est la période de transition qui précède la ménopause.
Elle peut commencer plusieurs années avant les dernières menstruations.
Pendant cette période, les hormones sexuelles féminines ne diminuent pas nécessairement de façon régulière et prévisible.
Elles fluctuent.
Les cycles peuvent changer.
Le sommeil peut devenir plus fragile.
Les bouffées de chaleur peuvent apparaître.
L’énergie peut varier.
Le poids et la composition corporelle peuvent également évoluer.
Et parfois, les cheveux commencent eux aussi à changer.
La ménopause correspond ensuite au moment où une femme a passé 12 mois consécutifs sans menstruation.
Les modifications capillaires observées autour de cette période ne proviennent toutefois pas nécessairement d’une seule hormone. La recherche actuelle considère la perte de cheveux féminine comme un phénomène complexe et multifactoriel.
Pourquoi les hormones peuvent-elles influencer les cheveux?
Le follicule pileux est une structure vivante.
Il réagit à son environnement biologique.
Chaque cheveu traverse un cycle comprenant une longue période de croissance, suivie d’une transition puis d’une période de repos avant sa chute.
Les hormones participent à la régulation de cet environnement.
Lorsque l’équilibre hormonal change, le cycle du cheveu peut également être modifié.
Cela ne signifie pas qu’une diminution d’œstrogènes provoque automatiquement une perte de cheveux.
Certaines femmes traversent la ménopause sans diminution importante de densité.
Chez d’autres, cette transition semble révéler ou accentuer une prédisposition qui était jusque-là peu visible.
C’est pourquoi deux femmes du même âge peuvent vivre des réalités capillaires complètement différentes.

« Mes cheveux ne tombent pas tant que ça, mais j’en ai beaucoup moins »
Cette phrase est extrêmement importante.
Parce qu’elle nous amène à distinguer deux phénomènes :
la chute et la miniaturisation.
Lors d’une chute importante, davantage de cheveux quittent le cuir chevelu.
Lors d’une miniaturisation, certains follicules continuent à fabriquer des cheveux, mais ceux-ci deviennent graduellement plus fins.
La perte de cheveux féminine de type « pattern » est justement caractérisée par une miniaturisation progressive des follicules et une diminution de la densité, particulièrement dans les régions centrale et pariétale du cuir chevelu.
Cela peut évoluer très doucement.
Et c’est exactement pour cette raison que plusieurs femmes ne réalisent pas ce qui se passe au début.
À quoi ressemble la miniaturisation?
Imaginez un follicule qui produisait autrefois un cheveu épais.
Au fil des cycles, le nouveau cheveu produit peut devenir légèrement plus fin.
Puis encore un peu plus fin.
La durée de sa phase de croissance peut également se modifier.
Ainsi, même sans perdre brutalement des milliers de cheveux, la chevelure donne progressivement une impression de moindre densité.
Sous une lumière forte, le cuir chevelu devient plus visible.
La raie semble plus large.
Les cheveux mouillés donnent parfois l’impression qu’il en reste très peu.
Et la queue de cheval perd du diamètre.
Ce sont souvent ces changements que les femmes remarquent en premier.
Et la DHT dans tout ça?
On parle énormément de DHT dans la perte de cheveux.
La DHT, ou dihydrotestostérone, est un androgène produit à partir de la testostérone.
Chez l’homme, son rôle dans l’alopécie androgénétique est bien établi.
Chez la femme, la situation est plus nuancée.
Les androgènes peuvent jouer un rôle chez certaines femmes, particulièrement lorsqu’il existe une sensibilité folliculaire ou certains signes d’hyperandrogénie.
Cependant, la perte de cheveux féminine ne peut pas être simplement résumée à « trop de DHT ».
Des recherches récentes soulignent justement que le rôle exact des androgènes dans la perte de cheveux féminine demeure moins clair que dans l’alopécie masculine.
Cela explique pourquoi une femme peut présenter une miniaturisation importante tout en ayant des analyses hormonales qui semblent normales.
Le problème peut être davantage lié à la sensibilité des follicules et à plusieurs mécanismes combinés qu’à un simple taux hormonal trop élevé.
Après 40 ans, plusieurs phénomènes peuvent s’additionner
C’est probablement le point le plus important.
Chez une femme de 45, 50 ou 55 ans, il n’y a pas nécessairement UNE cause.
Il peut y avoir :
une prédisposition familiale à la perte de densité;
des changements hormonaux associés à la périménopause;
un stress prolongé;
des nuits moins réparatrices;
une perte de poids;
une chirurgie ou une maladie récente;
certaines carences;
un problème thyroïdien;
des changements de médication;
et le vieillissement naturel du follicule.
Individuellement, chaque facteur pourrait provoquer peu de changements.
Mais lorsqu’ils se superposent, le résultat devient beaucoup plus visible.

Le stress de la quarantaine et de la cinquantaine compte aussi
On parle beaucoup des hormones de la périménopause.
On parle parfois moins de ce qui se passe dans la vie autour de cette période.
Pourtant, la quarantaine et la cinquantaine sont souvent des années extraordinairement chargées.
Carrière.
Famille.
Adolescents ou jeunes adultes.
Parents vieillissants.
Responsabilités financières.
Séparations ou transitions de couple.
Changements professionnels.
Questionnements personnels.
Sommeil perturbé.
Et parfois simplement plusieurs années passées à tenir.
Le corps ne sépare pas nécessairement le stress émotionnel du stress physiologique de façon aussi nette que nous le faisons dans notre tête.
Un stress physiologique important — par exemple une maladie, un accouchement, une perte de poids rapide ou d’autres événements majeurs — peut provoquer un effluvium télogène, c’est-à-dire une chute diffuse apparaissant souvent avec un certain délai.
Pourquoi les cheveux peuvent-ils tomber plusieurs mois après un événement?
C’est une particularité du cycle capillaire.
Le cheveu ne réagit pas nécessairement immédiatement.
Après certains déclencheurs, davantage de follicules peuvent quitter leur phase de croissance pour entrer en phase de repos.
Mais les cheveux ne tombent pas nécessairement le lendemain.
La chute devient visible plus tard.
C’est pourquoi, lorsqu’une femme consulte pour une chute importante, il est pertinent de regarder ce qui s’est passé dans les mois précédents.
Une chirurgie.
Une maladie.
Une période extrêmement stressante.
Une perte de poids.
Une nouvelle médication.
Une transition hormonale.
Parfois, la réponse se trouve quelques mois en arrière plutôt que dans les événements de la semaine dernière.
Et si une miniaturisation était déjà présente?
C’est là que la situation devient particulièrement intéressante.
Une femme peut avoir une miniaturisation très progressive pendant plusieurs années sans réellement s’en rendre compte.
Puis elle vit un événement déclencheur qui provoque une chute diffuse.
Soudainement, sa densité diminue beaucoup.
Elle a alors l’impression que tout a commencé à ce moment précis.
En réalité, il peut y avoir deux phénomènes superposés :
une perte de densité progressive déjà présente;
et une chute plus récente qui l’a rendue beaucoup plus visible.
C’est pourquoi une bonne évaluation ne cherche pas seulement à répondre à la question :
« Combien de cheveux perdez-vous? »
Elle cherche aussi à comprendre :
« Quelle est la qualité des cheveux qui sont encore là et de ceux qui repoussent? »

Les signes à observer après 40 ans
Il peut être pertinent d’observer votre chevelure si :
votre raie centrale s’élargit;
vous voyez davantage votre cuir chevelu sous la lumière;
votre queue de cheval devient plus petite;
vos cheveux paraissent globalement plus fins;
vous observez des cheveux de diamètres très différents;
vous avez une chute qui se prolonge;
vous ne retrouvez plus votre densité après une période de chute;
vous remarquez un changement progressif depuis quelques années.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’une maladie est présente.
Mais cela peut justifier une évaluation.
Pourquoi agir tôt?
Parce que le temps compte lorsqu’il existe une miniaturisation progressive.
Dans la perte de cheveux féminine, un diagnostic relativement précoce est souhaitable, notamment parce que les stratégies thérapeutiques ont souvent plus de facilité à stabiliser la progression qu’à recréer une densité importante une fois la perte très avancée.
L’objectif n’est donc pas d’attendre que le cuir chevelu soit très visible.
Il est plutôt de comprendre les changements lorsqu’ils commencent à devenir perceptibles.
Il faut parfois regarder plus loin que les hormones
Une perte de cheveux qui apparaît autour de la ménopause n’est pas automatiquement causée par la ménopause.
Selon la situation, une évaluation médicale peut être pertinente afin de rechercher ou d’écarter d’autres facteurs.
L’histoire clinique demeure essentielle.
Depuis quand la perte est-elle présente?
Est-elle diffuse ou localisée?
Est-elle graduelle ou soudaine?
Y a-t-il eu des changements menstruels?
Une perte de poids?
Un stress important?
De nouvelles médications?
Des antécédents familiaux?
Des signes pouvant suggérer un excès d’androgènes?
C’est l’ensemble du portrait qui permet de mieux comprendre le cheveu.
Et émotionnellement?
La perte de cheveux n’est pas banale simplement parce qu’elle ne met pas la santé physique en danger.
Les études montrent que la perte de cheveux féminine peut avoir un impact important sur la qualité de vie et provoquer une détresse qui n’est pas nécessairement proportionnelle à la sévérité visible de la perte.
Et c’est compréhensible.
Les cheveux nous accompagnent depuis toujours.
Ils font partie de la façon dont nous nous reconnaissons.
Alors, lorsqu’une femme traverse déjà une période où son corps change, où ses hormones changent et où sa vie elle-même est parfois en transition, voir sa chevelure changer peut être vécu comme une perte supplémentaire.
Il ne faut ni dramatiser cette expérience ni la minimiser.
Il faut la comprendre.
La première chose à faire : établir ce qui se passe réellement
Avant d’acheter une succession de shampoings, de suppléments ou de sérums, il peut être beaucoup plus utile de comprendre le type de changement qui se produit.
Est-ce principalement une chute?
Une miniaturisation?
Une combinaison des deux?
Depuis combien de temps?
Quels événements ont précédé les changements?
Quels follicules semblent encore actifs?
Quelle est la qualité de la repousse?
Parce qu’un traitement adapté commence rarement par un produit.
Il commence par une bonne compréhension de la situation.

Vos cheveux ont changé depuis la quarantaine?
Si votre chevelure est devenue plus fine, si votre raie s’élargit ou si vous avez l’impression de ne jamais avoir retrouvé votre densité d’autrefois, un bilan capillaire peut permettre de mieux comprendre ce qui se passe.
Au Centre de santé Corps et Âme, notre démarche vise notamment à observer la densité, la qualité des cheveux, la présence de miniaturisation et l’état du cuir chevelu afin de mieux orienter les prochaines étapes. Contactez-nous pour un bilan et nalayse de votre situation capillaire au 581-337-9590.
Comprendre avant de traiter.
Parce qu’un changement capillaire qui semble récent raconte parfois une histoire qui a commencé plusieurs années auparavant.
FAQ — Périménopause et perte de cheveux
Est-ce normal de perdre ses cheveux pendant la périménopause?
Des changements de densité peuvent apparaître autour de la périménopause, mais toute perte de cheveux ne doit pas automatiquement être attribuée aux hormones. Plusieurs causes peuvent coexister.
Les œstrogènes font-ils pousser les cheveux?
Les œstrogènes interagissent avec la biologie du follicule pileux, mais leur rôle thérapeutique dans la perte de cheveux ménopausique demeure complexe et encore étudié. La baisse des œstrogènes n’explique pas à elle seule toutes les pertes de cheveux féminines.
Est-ce que la DHT augmente à la ménopause?
Pas nécessairement. L’enjeu n’est pas uniquement le taux de DHT. La sensibilité individuelle des follicules et les changements de l’environnement hormonal peuvent également intervenir.
Pourquoi ma raie devient-elle plus large?
Une augmentation de la visibilité de la raie peut notamment être associée à une diminution de densité ou à une miniaturisation progressive des cheveux dans la région centrale du cuir chevelu.
Peut-on ralentir une perte de densité après 40 ans?
Cela dépend de la cause. Plus le mécanisme est identifié tôt, plus il est possible de discuter de stratégies adaptées avec les professionnels appropriés.
À lire également : Perte de cheveux chez la femme : hormones, stress, DHT et miniaturisation — comprendre ce qui se passe vraiment avec le temps.
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